Back4.20053F
Résidences Mollier
Résidences Mollier
Programme : Résidences de vacances, Vassivière dans le Limousin, France, 2005
Maîtrise d'ouvrage : SYMIVA (Syndicat mixte interdépartemental et régional de Vassivière)
Maîtrise d'œuvre : Philippe Rahm architectes (Philippe Rahm, Jérôme Jacqmin. Collaborateurs : Cyrille Berger, Irène D'Agostino, Alexandra Cammas)
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Nos projets d'habitations à vocations touristiques à Vassivière dans le Limousin procèdent d'une inversion entre l'usage et la forme. Ce qui est en amont dans ces projets sont les problèmes de techniques du bâtiment liés au développement durable. Plutôt que d'adapter ces techniques à un projet d'architecture préconçu selon une symbolique ou un usage, elles sont ici au contraire à l'origine de la forme même de l'architecture. La question du taux d'humidité de l'air, sa gestion dans l'habitat, la répartition de l'air dans l'espace en fonction de la densité de sa température, définissent à travers leur qualité physique et sensible l'organisation en plan et en coupe du bâtiment. Ce sont de nouvelles typologies d'habitat qui surgissent, inattendues, qui ne sont pas basées sur une planification moderne de l'habitat, avec ses répartitions jour / nuit, intime/ public, mais selon des constituants sensuels et physiologiques émergeant du traitement des techniques du bâtiment. Des climats à habiter.
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Le projet des maisons Mollier révèle et qualifie une relation invisible mais néanmoins obligée entre l'espace intérieur et l'humidité. Il cherche à transformer un problème de physique du bâtiment en une question d'architecture, jusqu'à devenir la cause efficiente de la forme. Il établit, dans les contraintes même des équipements techniques du bâtiment, des relations nouvelles, sensuelles et physiologiques, entre l'habitant et l'espace. Il veut aussi engager des liens plus étroits avec le paysage lacustre de Vassivière dans le Limousin, des liens physiques et chimiques, en se posant dans la matérialité même du territoire, dans son humidité.
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En habitant un intérieur, l'occupant produit de la vapeur d'eau et cela, non pas de manière homogène, mais selon la fonction de l'espace, selon l'activité humaine pour laquelle sera destinée en priorité une chambre. La respiration naturelle des occupants et l'utilisation d'eau chaude sont à l'origine de la présence de la vapeur d'eau dans l'air et des risques de condensations et de dommages sur la construction qu'elle entraîne. Si la seule réponse à la présence excessive de la vapeur d'eau dans l'espace intérieur est aujourd'hui donnée par la banalité des systèmes techniques de ventilation, nous proposons ici de formaliser l'espace en fonction de la vapeur d'eau elle-même, comme ouverture à une relation profonde et complexe entre l'habitant, son corps et le vide selon ses caractéristiques physiques et chimiques. Ainsi, c'est à travers la variation du taux d'humidité relative que se dessine notre architecture et se formalise les espaces de l'habitation, du plus sec au plus humide, de 20% à 100% d'humidité relative. C'est dans la teneur en vapeur d'eau que prend corps la qualité de l'architecture, comme l'immersion réelle et charnelle du corps des habitants dans le corps humide et variable de l'espace. Notre projet établit une stratification spatiale du taux d'humidité. Une personne endormie produit environ 40 grammes de vapeur d'eau par heure (la chambre) tandis qu'elle produit jusqu'à 150 grammes/heure en activité (le séjour). L'utilisation d'une salle de bain dégage jusqu'à 800 grammes en 20 minutes et celle d'une cuisine 1500 grammes par heure. A la manière d'une poupée russe, l'habitation se conçoit selon le parcours du renouvellement d'air dans la maison, du plus sec au plus humide, du plus neuf au plus vicié, de la chambre à coucher à la salle de bain. Mais notre projet refuse la programmation fonctionnelle de l'espace selon des activités spécifiques. Il crée des espaces plus ou moins secs, plus où moins humides, à occuper librement, à s'approprier en fonction du temps et des saisons.
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Le plan de la maison est une spatialisation du diagramme de Mollier, créant de nouvelles correspondances programmatiques, où un même espace peut accueillir des fonctions à priori séparées. Le projet amplifie aussi la stratification hygrométrique au paysage, intégrant la présence physique de l'eau du lac et l'humidité naturelle extérieure comme l'une des chambres de la maison, à 100% d'humidité. Les habitations se regroupent en ligne, se déployant sur une ancienne côte d'altitude du relief naturel, englouti sous la surface du lac artificiel.
Chambre 1 / 0% à 30% HR : séchoir, sauna
Chambre 2/ 30% à 60% HR : chambre, bureau
Chambre 3/ 60% à 90% HR : salle de bain, séjour, cuisine
Chambre 4/ 90% 100% HR : séjour, piscine
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