6.20041F

Hydracafé

Projet pour la nouvelle cafétéria de l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris
Décosterd & Rahm avec Jean-Luc Vilmouth, artiste
Client : Commande du CNAP,(c) CNAP, Décosterd & Rahm, Jean-Luc Vilmouth / Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris


HYDRACAFE

Notre projet est une formulation architecturale immédiate de la fonction initiale de la cafétéria : celle de la réhydratation. C'est à ce niveau infra fonctionnel que nous aimerions travailler, dans la matière même de l'espace et de sa relation au corps. Il s'agit de donner forme à un programme non plus seulement selon des dimensions de représentations visibles, extérieures ou métriques, mais dans le corps même de l'espace et de l'homme : spatialiser la fonction, faire corps avec la nécessité de se réhydrater, habiter cette humidité, à 75%.

Le corps est constitué pour une majeure partie d'eau. Chaque jour, il y a une perte d'eau estimée à environ 2,5 litres. Chaque jour, cette perte doit être équilibré. Il y a un apport d'abord intérieur au corps, par la boisson. Il y a ensuite un apport cutané, par la vapeur d'eau présente dans l'air et qui se dépose sur la peau. Les environnements modernes sont habituellement secs parce que la température est dépendante de l'humidité de l'air. Ainsi, le chauffage de l'espace se fait au détriment du taux d'humidité relatif de l'air qui diminue plus la température augmente. L'Hydracafé veut être le lieu d'un apport d'eau à la fois intérieur et extérieur. Il s'agit de faire de la cafétéria un espace de la réhydratation, boire mais aussi s'asseoir dans l'humidité, être dans un milieu médian entre l'intérieur et l'extérieur, l'humidité du corps et celle de l'espace. Un espace chauffé ou rafraîchi mais humidifié.

Le projet utilise l'eau selon ses propriétés physiques et physiologiques. Une épaisseur prismatique d'eau est ainsi utilisée en toiture pour ses propriétés thermiques, sa capacité à absorber les infrarouges de la lumière solaire, permettant ainsi d'éviter l'échauffement des surfaces vitrées en été. Au sol, une nébulisation par ultrason fait varier le taux d'humidité relatif de l'air en fonction des saisons, passant de 85 % en été à 65 % à l'hiver. L'humidité sous forme de gaz se dépose sur la peau, apportant sa part aqueuse au film hydrolipidique qui recouvre la surface de la peau. Le sol, comme une vague, plonge plus ou moins profondément dans l'humidité, générant des zones plus sèches ou plus humides que chacun peut s'approprier librement.





 

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