4.24 F
Des après-midi différés

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Si les moyens physiques, l'espace, la masse ou l'énergie principalement, sont usuellement employés pour générer la forme, il semble de plus en plus probable d'y adjoindre d'autres modes opératoires, agissant de façon plus intérieure, sur sa programmation intime, sur son comportement, sa durée. Ainsi, la question de la forme nous semble toujours davantage concerner le temps, ses régulations et ses dérégulations, ses synchronisations, ses désynchronisations, ses ruptures, ses ralentissements, entre hibernation et estivage, reviviscence et clonage, décalage horaire et acclimatation. Face à la linéarité du temps et à son fatalisme, les connaissances nouvelles issues des sciences ouvrent à d'autres gestions, d'autres formes, plus complexes, s'échappant des modes naturelles et macroscopiques, s'élaborant au sein d'espaces en transit, de climats passagers : vie au ralentie, survie sans eau, immortalité sont aujourd'hui des possibles.

Le travail que nous proposons pour la journée française de la chaîne de télévision NHK au centre Shin-Puh-Kan relève d'une volonté de synchronisation entre le Japon et la France, comme une sorte de pliage spatial de la temporalité parisienne sur celle de Kyoto. Irréalisable physiquement de par la position respective des deux pays sur le globe terrestre et des 7 heures de décalage dans le rythme astronomique jour-nuit, cette synchronisation doit alors faire recours aux moyens de reproduction et de représentation. Pour qu'au matin japonais corresponde en même temps un matin parisien, nous devons passer par l'enregistrement et la diffusion d'une temporalité, en différé. Il s'agit alors d'utiliser la matière lumineuse et sonore enregistrée en France et disponible au Japon, que l'on trouve stockée dans le cinéma français sous la forme de DVD, VHS ou film 35mm. Vidés de toutes narrations ou fictions, des nuits, des aubes, des matinées, des midis et des débuts d'après-midi sont sélectionnés, pour être recadrés et remontés sur 10 heures. Ce geste part du principe que tous les films sont des expériences potentielles de jet lag. Cette temporalité française ainsi reconstituée, de midi jusqu'au soir, est ensuite diffusée au centre Shin-Puh-Kan à Kyoto, entre midi et 22 heures.

Pour la diffusion de cette temporalité différée mais re-synchronisée avec un temps vécu en direct lors de la journée française au centre Shin-Puh-Kan, nous recourons à de petits moniteurs, placés sur chaque table. Tous les moniteurs sont reliés à un même lecteur vidéo (dvd) et diffusent ces morceaux de ciels, de lumière et de fonds de paysages cinématographiques français. Ces moniteurs sont intégrés horizontalement dans des nappes de couleur bleue, telle employée dans les trucages de cinéma comme fond pour les incrustations de paysages parce que cette couleur ne peut être confondue avec celle de la peau humaine. Le temps français côtoie étrangement le temps japonais. Les ciels se regardent en vis-à-vis. Le spectateur se glisse entre ces deux réalités lorsqu'il vient s'asseoir à la table. L'histoire est alors à venir, ici et dans ce maintenant pluriel, à Paris et à Kyoto.
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Des après-midi différés
Scénographie de plateau télévisé
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Du 1 au 3 septembre 2003
Shin-Puh-Kan, Kyoto, Japon
Organisateur : NHK Kyoto, NHK Educational
Partenaire : Prefecture/ville de Kyoto, NHK, Institut Franco-Japonais du Kansai, Centre italien
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Décosterd & Rahm, associés avec Christelle Lheureux
 
 
 


 

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