4.23F
 
 

Spatialisation nanométrique
 
 

L'architecture que nous proposons pour la spatialisation de l'exposition est de l'ordre du nanomètre. Entre 670 nm (nanomètres) et 254 nm, nous composons une série d'espaces qui se succèdent selon un parcours linéaire, du plus grand au plus petit, du visible à l'invisible, de l'habitable à l'inhabitable. La progression se fait selon un parcours où l'espace se réduit lui-même, se décompose, depuis ce qui forme au départ une unité, en des constituants toujours plus simples et plus petits. Nous programmons un appauvrissement progressif de la lumière blanche qui s'accompagne d'une réduction macroscopique de l'espace. La première chambre, la plus grande, est baignée d'une lumière blanche qui se compose de la superposition du rouge, du vert et du violet, soit l'ensemble du spectre lumineux visible allant de 400 nm à 670nm.  Dans la seconde chambre, plus étroite et plus basse, nous retirons le rouge. Nous obtenons une ambiance bleue, d'une luminosité dont les longueurs d'onde sont comprises entre 400 nm et 550 nm. Dans la troisième chambre, juste à hauteur d'homme, nous retirons les longueurs d'ondes correspondant au vert : il ne reste qu'une lumière violette, entre 400nm et 500 nm. Nous devons nous agenouiller pour entrer dans la quatrième pièce. Ici, en descendant dans des longueurs d'onde encore plus petite, nous quittons le visible pour gagner les ultraviolets. Cette quatrième chambre est baignée dans les UV-A à 360nm, une lumière noire laquelle agit sur l'épiderme, où la peau se transforme par le bronzage, où se forme dans le corps la vitamine D. La dernière chambre, la cinquième est inaccessible. D'une hauteur de 40 cm, nous pouvons juste y glisser la tête. Une lampe UV-C germicide avec création d'ozone, est installée au fond de cette pièce. Elle diffuse un rayonnement électromagnétique de 254 nm qui détruit virus, bactéries et attaque les autres formes de vie ainsi que nous-même. Ici, la longueur d'onde du rayonnement électromagnétique devient trop petite pour être habitable : une dimension limite dans l'infiniment petit où l'espace devient nuisible, brûlant la peau, pénétrant jusqu'au plus profond de notre organisme jusqu'à le détruire.

Décosterd & Rahm, associés
(Philippe Rahm, Jean-Gilles Décosterd, Sébastien Chevance)
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NANO - 60, rue du Faubourg-Poissonnière, 75010 Paris
Exposition "Nano", curateur: Laurence Dreyfus
Du 22 mai 2003 au 20 septembre 2003
 
 

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