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Jardin caché
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Taillé dans la roche de la colline, une faille dans la roche accueille tout en mettant à distance de l'homme les espèces végétales en voie de disparition ou menacées mais aussi dangereuses ou supposées l'être. Le plus dangereux n'est pas celui qu'on voit : toutes ces plantes ont en commun d'être mal aimées, ou trop aimées, le plus souvent pourchassées jusqu'à l'éradication ou, au contraire assignées à résidence pour raison de sauvegarde. Mais toutes font partie de notre environnement de nature, toutes dessinent un possible paysage. Ainsi la faille prévoit une sorte d'immersion dans la flore - de quelque nature qu'elle soit - laissant autant de place aux espèces qui envahissent le monde, ces « vagabondes » ( Berce du Caucase, Onagres et Balsamines d'Amérique Vergerettes du Canada etc... ) qu'à celles qui disparaissent. Autant de place à celles qui brûlent, piquent et parfois étouffent ( Berces, Poncirus, Rhus toxicodendron ) qu'à celles que l'on peut caresser sans se blesser. Autant de place aux inventions de la nature ( hybrides naturelles issues du vagabondage ) qu'aux nouveaux êtres fabriqués par l'Homme - les OGM - l'homme étant ici, dans le cas présent de l'immersion considéré comme un être de Nature à l'égal des autres. Ainsi le « jardin caché » parle-t'il des questions qui opposent les partisans du brassage planétaire aux radicaux de l'Ecologie, les innovateurs et les conservateurs. Il aborde le territoire biologique sous un angle généralement fermé à la science : celui du jardin tout court, lieu privilégié de rencontre de l'Homme avec la Nature où le rêve n'est pas interdit.
Pour la création de la maison de la Nature pour le parc Christina Enea, nous proposons de garder la maison existante datant du XIXe siècle et de la restaurer en la repeignant intégralement avec une peinture blanche contenant du désherbant. Il s'agit d'assumer la charge à la fois esthétique ( culturelle ) et biologique de l'entretien de l'architecture contre le monde sensible naturel : un combat nietzschéen contre la dégradation biologique ( mousse, champignon ) chimique ( oxydation, efflorescence ) esthétique ( tache, défraichissement des couleurs, décrépissement, noircissement ), un jardinage architectural en lutte contre la nature, repeindre tous les ans, comme on fauche les prés chaque année. La peinture blanche recouvre l'intégralité de la maison, des tuiles aux volets, jusqu'aux gouttières. L'architecture assume ici un statut contre nature, autant biologique, chimique, physique qu'esthétique./
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Jardin caché
Renovation, rehabilitation et adaptation du Parc Cristin Enea,
Ville de Donostia - San Sebastián, Espagne
Avant-Projet, printemps 2002
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Décosterd & Rahm, associés
avec Gilles Clément et Joseph Andueza
P.Georgieff / M. Georgieff / N.Bonnenfant : Chef de projet, I.Milisic : Illustration, F.Mussard : Graphisme