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Digestible spaces
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« Connaît-on les effets moraux des aliments ? Existe-t-il une philosophie de la nutrition ? » Friedrich Nietzsche posait la question du lien entre la psyché et la nourriture. Nous connaissons aujourd'hui de nombreuses structures cérébrales comme l'hypothalamus ou le centre limbique qui mettent en relation la prise alimentaire avec le comportement, celui de la sexualité ou de l'apprentissage par exemple. Nous connaissons également les effets quant à la modification de l'humeur par certaines molécules. La sérotonine par exemple, participe à un comportement social adapté ou, en son absence, provoque l'agressivité. Il semble ainsi difficile aujourd'hui de concevoir un art qui n'existerait qu'à l'extérieur du corps, ne produisant que des formes visuelles ou auditives à décoder sémantiquement. Les formes que nous cherchons acceptent la part corporelle de leur médiation, en agissant dans l'intestin, sur les neurones, sur les neurotransmetteurs, en stimulant chimiquement le désir et l'humeur. La biologie contemporaine distingue l'espace corporel de l'espace extracorporel. Le premier est l'espace de communication géré par les neurones et les hormones entre autres. Le second est l'espace extérieur au corps, celui qui nous informe par l'intermédiaire des sens. Un objet ne peut plus aujourd'hui être appréhendé en faisant l'impasse sur ses effets dans l'un ou l'autre de ces espaces. Ainsi, le sens d'un objet n'existe que dans cette « interaction de facteurs internes liés à des variations humorales et au métabolisme cellulaire ( l'espace corporel), et de facteurs extérieurs incitatifs (l'espace extracorporel) » comme l'explique le neurobiologiste Jean-Didier Vincent. Digestible spaces est une architecture qui agit autant dans l'espace corporel que dans l'espace extracorporel. En définissant l'espace de façon physiologique comme une certaine quantité d'air et de lumière, nous cherchons à établir un équilibre entre l'information que nous émettons à l'extérieur du corps et celle émise à l'intérieur, dans le corps. Digestible spaces rend possible la réduction de la qualité de l'espace extracorporelle en augmentant la qualité de l'espace corporel. Ainsi l'appauvrissement de la lumière extérieure laquelle entraîne une suppression de la synthèse de la vitamine D par les ultraviolets sur la peau, est compensé par une ingestion de vitamine D. Ainsi, l'appauvrissement de l'oxygène de l'air est compensé par un apport digestif d'érythropoïétine, une hormone peptidique qui augmente l'oxygénation musculaire par l'élévation du nombre de globules rouges dans le sang./
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Digestible spaces
Installation
- Mae, Chavannes-près-Renens, Suisse, juin - décembre 2001
- Bienal da Utopia, Cascais, Portugal, juillet 2001
- Tirana Bienal 1, Tirana, Albanie, automne 2001
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Décosterd & Rahm, associés