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Jardin stimulé
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Il semble toujours plus manifeste que l'évolution se fait au coeur même de la nature et non plus sur sa représentation. L'artefact tend ainsi à devenir une transformation du récepteur de l'information et non plus de l'émetteur. Ce n'est pas la cause qui devient l'objet de l'art mais sa conséquence. L'information est transformée chimiquement à sa réception dans le corps, par modification de son impact physiologique et psychologique. Ainsi, avec la réécriture du génome, un désherbant ou une maladie devient inopérant à la rencontre avec la plante. Ainsi, les faits malheureux de la vie humaine perdent leur efficacité lorsqu'ils se heurtent à un cerveau traité avec des antidépresseurs. Ainsi le temps et la jeunesse s'allongent au contact d'un corps hormonalement remanié autant que l'endurance et la performance s'améliorent. L'art apparaît donc comme une stimulation ou une prothétique physiologique agissant directement sur l'organisme et contrôlant la réception de l'information. Par le système hormonal, par les gènes, c'est le métabolisme qui devient sujet de l'art, par stimulation, par dopage, par réécriture chimique, par émission d'information sur le corps lui-même, déterminant des réactions physiques ou psychologiques.
Le jardin stimulé proposé dans les jardins de la Villa Médicis élabore le scénario probable d'un jardinage comme stimulation chimique directement émise sur les plantes et les hommes. Deux interventions sont conjointement mises en place en accord avec leur nature végétale et humaine. D'une part, le problème du vieillissement du parc végétal appelant la suppression prochaine des pins parasols et des chênes verts séculaires est traité par injection d'hormones du type DHEA ( déhydroépiandrostérone ) et EPO ( érythropoïétine ) selon un scénario contemporain lié à la nouvelle perméabilité biologique entre les règnes végétal, animal et humain. La méthode mise en place cherche à prolonger un état idéal du jardin comme représentation du monde par des moyens chimiques d'actions culturelles dans le paysage. D'autre part, la volonté est d'accroître le plaisir psychologique du visiteur à être dans le jardin en surdéterminant l'information émise qui lui est liée. Par redondance, une transcription musicale du jardin, qui est comprise comme une sorte de quintessence psychologique de ce dernier, est directement diffusée dans les oreilles. Des casques audio, fixés ça et là au sol du jardin, diffusent « Cloches à travers les feuilles », la première pièce du livre II des Images pour piano de Claude Debussy, que chacun peut assimiler sur place en tant que dose un peu plus forte du plaisir psychologique de vivre dans le jardin./
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Jardin stimulé
Installation
Villa Medicis - Académie de France à Rome, Italie, 23 juin - 24 septembre 2000
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Décosterd & Rahm, associés