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Campement électromagnétique
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Le campement électromagnétique est une architecture de la dépense laquelle agit sur l'espace lui-même, sur l'air comme une matérialité concrète bien qu'invisible. Une architecture qui se dissipe, qui rayonne et transforme la constitution électrique, physique et chimique de l'air plutôt que de façonner les limites de l'espace en déterminant une enceinte, en construisant une architectonique, en organisant la délimitation physique de l'espace.
L'espace du campement électromagnétique est fluide, éthéré, émanant, rayonnant, sans limites autre que le déploiement physique de l'énergie dépensée localement. Le mythe a déjà été raconté ( Reyner Banham ). En arrivant pour la première fois dans un lieu boisé et sauvage, deux possibilités s'offrent à l'homme s'il veut y habiter. La première est celle de ramasser du bois et de le brûler. L'homme profite alors directement du champ électromagnétique d'infrarouges créé par le feu lequel réchauffera localement et momentanément les conditions thermiques de son corps. La deuxième possibilité offerte à l'homme est de prendre ce bois pour construire une cabane dans laquelle le climat intérieur sera protégé du vent et de la pluie. Il y a là deux stratégies d'habitation. La seconde est lourde et opaque ; il s'agit de construire des surfaces, d'ériger des limites, de constituer l'espace depuis l'extérieur, sans le toucher lui-même, en le délimitant, en l'habillant. Mais ici, l'espace reste à côté, à distance, l'architecture étant incapable de rencontrer véritablement le vide, de faire corps avec l'air. La première stratégie d'habitation est celle du campement électromagnétique : elle passe par la création d'un lieu à travers la constitution d'un champ électromagnétique habitable et quantifiable. Elle est une architecture rudimentaire, sans intermédiaire, une dépense d'énergie sur l'air, une opération immédiate sur l'espace lui-même. Elle relève du plein air, du nomadisme, de l'immédiat. L'architecture est ici une simple combustion, un dégagement de rayonnements électromagnétiques qui constitue un espace invisiblement modulé et progressif, graduellement quantifié entre un centre brûlant et une périphérie de moins en moins chaude. C'est un espace qui se dissipe, sans fin annonceé, sans limites mesurables, un espace qui se refroidit jusqu'à l'infini, qui se déploie sans fin. Au contact du corps, ce rayonnement électronique agite les cellules de la peau, s'enfonce plus à l'intérieur, le réchauffe. Une simple combustion, une simple dépense énergétique, passagère, sans conséquence, à habiter, à délaisser. Le campement électromagnétique est de l'énergie dépensée, de l'électricité. Les ondes électromagnétiques du campement électromagnétique reproduisent le spectre de la lumière solaire : une émission de longueurs d'ondes visibles, mais aussi invisibles, des ultraviolets, des infrarouges comme ouverture à une relation hormonale entre l'homme et l'architecture, une stimulation du système endocrinien, une régulation du système neurovégétatif.
Le campement électromagnétique est un espace sans devoir de représentation. L'architecture trouve un champ d'action physique, sans fonction décorative et formelle sur les limites de l'espace. L'architecture devient une pure dépense, un acte violent, qui touche les yeux, la peau. Physiologique, sans intermédiaire, sans forme, sans carcan, agissant dans la corporalité de l'air et du corps, l'architecture invisible du campement est une force immédiate qui se déploie, libérée, qui conquiert le vide. Ici, l'architecture met en place une source d'énergie, de la chaleur, de la lumière, des longueurs d'ondes invisibles mais nécessaires au métabolisme de l'organisme humain. Le lieu habitable devient cet environnement modifié, un champ électromagnétique dans lequel on pénètre, dans lequel le corps et ses organes sont en relation physiologique. Cinq tubes fluorescents composent cette source, cinq tubes spéciaux de lumière du jour. Une architecture de plein air, une architecture concrète, corporelle, hormonale, qui agit sur la peau, sur les yeux, qui touche le système endocrinien : une architecture que l'on habite en y bronzant./
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Campement électromagnétique
Installation
- Galerie chez Valentin, Paris, France, 4 juin - 1er juillet 1999
- Frac Centre, Orléans, France, 4 mai - 25 juin 2000
- Collection particulière depuis 2001.
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Décosterd & Rahm, associés
Collaboration : Jérôme Jacqmin