4.03 F
Expo 01
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Une certaine quantité d'énérgie
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Notre proposition pour l'arteplage de Neuchâtel pour l'exposition nationale suisse 2001 se donne d'agir uniquement sur la qualité de l'air présent comme un acte d'architecture porté sur sa matière première, c'est-à-dire l'espace. Il n'y a donc plus le recours à la forme, à l'image, au volume ou à la surface. Il s'agit de travailler sur l'air lui-même, de modifier ses caractéristiques chimiques et de provoquer une modification des relations physiologiques entre le corps de l'homme et l'environnement. Ainsi, l'architecture n'est plus une composition ou mise en conflit d'éléments hétérogènes comme la figure et le fond, la forme et la surface, le plein et le vide, mais elle se présente comme une modification intime de ce qui constitue l'espace, c'est-à-dire l'air en tant que milieu physique. L'espace que l'on qualifie abusivement de vide est reconnu dans sa corporalité. Il s'agit d'une reconquête de l'espace comme une quantité d'air et de l'air comme une matière, avec son poids, sa densité, ses caractéristiques physiques et chimiques, dans laquelle est immergé le corps de l'homme.
La réalité de l'espace n'est plus aujourd'hui seulement une question macroscopique, appréhensible uniquement dans le visible. Pollution à l'oxyde de carbone, diminution de la couche d'ozone, augmentation des rayonnements UV, mais aussi rayonnement radioactif, smog électromagnétique sont aujourd'hui autant de qualificatifs pour décrire l'espace dans lequel nous habitons. Si la question de la forme de l'espace et le dessin de ses surfaces ont occupé traditionnellement l'architecture, il nous semble plus préoccupant aujourd'hui de comprendre la nature intrinsèque de l'espace comme substance physique, chimique et biologique. Au travail stylistique sur la forme architecturale, nous élaborons un travail sur la déformation élastique de l'air. Plutôt qu'une architecture signifiante comme nouvelle conception d'une symbolique visuelle, nous agissons sur la nature des ondes en présence dans l'espace et sur notre capacité physiologique en réaction. Au superficiel de la surface et du volume, nous gagnons l'épaisseur de l'air.
Le forum de l'arteplage de Neuchâtel pour l'exposition nationale suisse se compose d'une série d'espaces qui se succèdent selon un parcours évolutif. La progression des espaces se fait selon un parcours que l'on peut prendre aussi bien au niveau du rez-de-chaussée que depuis l'étage : décomposition et recomposition de l'espace lui-même. En cela, nous appliquons la méthode analytique propre à la science qui décompose ce qui forme au départ une unité en des constituants toujours plus simples et plus fondamentaux. Cette réduction et classification analytique sont à la base de la compréhension des mécanismes physiques, chimiques et biologiques du monde donnant les clés d'une action concrète de transformation des choses vers l'artifice. Nous déterminons au départ des espaces d'une grande richesse lumineuse. Cette détermination spatiale agit au niveau de l'air lui-même, les ondes émises ne créant rien d'autre que des déformations plastiques de l'air. L'architecture sculpte littéralement l'espace en le manipulant formellement. Nous programmons un appauvrissement progressif de la lumière blanche jusqu'au violet pour ensuite passer dans l'invisible des ultraviolets. À la lumière blanche, nous retirons le rouge puis l'orange. Dans la salle suivante, ce sont les longueurs d'onde correspondant au jaune qui sont supprimées puis, le vert puis le bleu pour déboucher sur une avant-dernière pièce plongée dans une lumière monochromatique violette. De là nous passons dans l'invisible : d'abord les ultraviolets A lesquels agissent sur l'épiderme, puis les UV-B qui pénètrent plus profondément jusqu'au derme. Il n'y a plus rien à voir si ce n'est quelques fréquences parasites. Par contre, c'est une relation physiologique interne et profonde qui s'installe entre notre corps et l'espace, une relation organique où la peau se transforme par le bronzage, où se forment dans le corps la vitamine D. La progression continue, plus profondément dans l'invisible jusqu'au UV-D, un rayonnement électromagnétique germicide. Désinfectant l'air et l'eau, ce rayonnement d'ultraviolet de grande longueur d'onde détruit virus, bactéries et attaquent les autres formes de vie. En dépassant le visible, l'espace que l'on croyait vide, acquiert alors une dimension à la fois curative et nocive.
La lumière se recompose ensuite, longueur d'onde par longueur d'onde, à l'envers, depuis les infrarouges invisibles jusqu'à la lumière blanche./
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expo 01
Projet
- expo 01, Neuchâtel, Suisse, septembre 1998 - février 1999
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Décosterd & Rahm, associés
Collaboration : Antoine Robert Grandpierre, Blaise Duc
avec Guscetti & Tournier - AIK Expédition Lumiere, Yann Kersalé - Desvigne & Dalnoky - Reinhard Design AG - RFR, Ingenieurs Civils - Proplaning SA - Scherler SA - Riedweg & Gendre - fabric | ch